Partage du vide

Partage du vide

de Prof. Elvis Hoxha
Enseignant d‘esthétique á l‘Académie du film Marubi
Enseignant de philosophie poltique á la Faculté des Sciences Humaines, l‘Université de Tirana

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Peut-être, en regardant les tableaux de ce peintre, chacun de nous constatera en premier le vide. Ou plutôt, l’acte de vider. Soit. Mais de quel vide s’agit-il ? Avec un peu de retard nous pouvons reconnaître que ce vide là ne travaille pas sur le régime du fantastique. Si une quelconque condition psychologique déterminait dans le subjectif de ce peintre la volonté de quelque style, l’état humain du tableau serait arbitraire. Il n’y aurait pas de place d’évaluer l’occupation précaire de l’espace. Par contre, ce vide est déjà signé d’une humanité et d’une civilisation déterminées. Le tableau n’est pas vidé de l’attitude humaine. Il n’y a pas dans le tableau, ni dans le détail, des données sur quelque départ ou quelque abandon de l’homme. Détrompez-vous de me porter comme exemple un appareil décroché comme argument du contraire. Ce serait comme une trace volontaire pour égarer quelque détective novice. Le vide ici revient à la disparition

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momentanée et soudaine, sans quelque intention.
Si nous ressentons de la fiction, de la science-fiction si vous voulez, c’est de la manière que nous est proposé l’extérieur. Habité ou vide, il n’est pas humain, ni naturel. Les intérieurs ne portent que les traces de l’âge humain, jouet, photo, lit. Même si un enfant se présente, avec le sourire sur ses lèvres, avec un ballon sous son bras, avec le vert généreux à sa gauche, nous ne sommes pas en état de conclure de la normalité. L’ouverture vers l’extérieur est toujours de contingence. Un morceau d’extérieur sans gravité. Un morceau de vert homogène, le cri débordant du vol. Ce qui vient de l’extérieur c’est la promesse du vol.

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Nous sentons comme un tiers vide. D’abord le vide intérieur, puis le vide extérieur. Et un troisième lieu : le vide sans médiation de la disparition, de l’évacuation soudaine. Cette évacuation, ce n’est pas celle de l’homme, ou des habitants de ces espaces réguliers. Ce l’est plutôt celle de l’action. J’ai hâte d’alarmer l’enfant, de lui donner l’ordre de ne pas sortir. Mais en vain. Je le sais. Au meme instant j’ai la certitude qu’il n’a pas du tout l’intention de sortir. C’est pareil pour cette enfant sur cette photo, avec l’oiseau. Il a pris la mesure du temps. C’est qu’il savait quelque chose d’avance, depuis toujours. C’est le signe d’une maturité précoce de l’humanité même. Pour savoir, pour connaître, pas besoin de temps aux humains qui ont vécu ici. Les deux enfants répètent le regard passager de l’homme, lisant le journal, sur l’oiseau qui vient d’entrer. La position relâchée de l’homme lisant le journal est égal à son regard vers l’oiseau. C’est encore l’évacuation de l’action.
Faire le vide de l’espace, pour cette humanité qui a été, c’est le vider de l’action. C’est comme si les espaces ne sont que des lieux d’intimité obligée. Le sommeil, un sommeil fictif, c’est la seconde occupation du temps après la lecture relâchée du journal. Il n’y pas plus de lendemain. Nous pouvons seulement redouter un passé, à peine. Témoignage plastique de ce qu’on ne sait pas établir. C’est n’est pas de la fiction, c’est de la fixation du temps du peintre. La chute dans son psychologique devient imminent. A ce qu’on doit échapper d’urgence. A la considération de son autoportrait dans les conditions de la plastification totale. Le vide c’est la solidification des membranes séparant les trois vides.
Voilà, une certaine conclusion : le vide y était. La seule action du passé qu’on peut supposer, a été de poser des parois au vide pour supposer le plein. Cette trace d’art ne vient que de l’action vide sur le vide. Pas besoin de savoir pour l’humanité y désignée. L’enfant de la photo est ce malin génie qui a produit du vide avec du vide. Il a juste posé des objets d’usage quotidien pour nous égarer. Nous sommes remplis de savoir, nous les voyeurs. Nous lisons partout…

 

Internationale d’art contemporain, 16 février 2018

Studio NOVO Artspace Cologne- l’Allemagne

EMPTY REALITY – Albert Brahaj

16.02. -26.03.2018

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